Sommes-nous tous égaux face à la perte de gras et la prise de muscle ?

Sommes-nous tous égaux face à la perte de gras et la prise de muscle ?

    

Aujourd’hui, on sait pertinemment que la génétique a un énorme impact sur les résultats que l’on va avoir en musculation. Mais à quel niveau ? C’est ce à quoi nous allons nous intéresser dans cet article.

Pour introduire le sujet, intéressons-nous à une étude de 2016 : « Genetic and environmental influences on adult human height across birth cohors from 1886 to 1994 » qui a étudié l’impact de la génétique sur la taille des personnes. Cette étude porte sur 140 000 pairs de jumeau, ce qui la rend particulièrement importante.

Il en dégage que 80% de la taille que l’on va avoir est dicté par la génétique et que 20% est lié à l’environnement.

  

On sait donc que fondamentalement, la génétique à un rôle déterminant sur ce que l’on est. Mais, qu’en est-il de la prise de muscle et de la perte de gras ?

 

1 - La prise de muscle

   

Même si la prise de muscle est aussi beaucoup liée à l’entraînement, la nutrition et la récupération, certains scientifiques se sont intéressés à l’impact de la génétique sur celle-ci. Pour cela, là encore, des études sur des jumeaux ont été réalisés et il en résulte que 50 à 80% de la masse musculaire définitive d’une personne serait en lien avec sa génétique.

 

- Une étude de 2005 (« Variability in muscle size and strength gain after unilateral resistance training ») nous montre bien que nous ne sommes pas du tout égaux face à la prise de muscle.

Cette étude à fait suivre 585 personnes (non entraînés) un entraînement sur 12 semaines. Cet entraînement était constitué exclusivement d’un travail des bras et la progression était linéaire.

Les résultats de cette étude sont bluffants puisque au final, les plus doués génétiquement, ont pu voir un gain supérieur de 60% de muscle gagné au niveau des biceps contrairement aux moins doué, sur lequel on a pu observer une baisse de 2% de son biceps.

On peut donc voir qu’il y a une grosse différence quand même et que donc, oui, nous ne sommes pas tous égaux.

 

- Une autre étude de 2007 à fait prendre en collation post-training du lait de soja à un groupe et du lait de vache à un autre groupe pendant 12 semaines.

Là aussi, la différence est énorme. Les plus doués ont augmenté leur masse maigre (muscle) 4 fois plus que les moins doués.

  

Pour conclure sur cette partie, on peut voir que non, nous ne sommes pas tous égaux et que certains répondent plus ou moins à un certain stimulus.

Cependant, les personnes totalement « non répondantes » n’existent pas réellement, on parlera juste d’un certain degré de réponse.

Selon moi, nous sommes tous différents, on réagit donc tous différemment à un type d’entraînement et donc à des méthodes différentes.

Cela montre donc bien qu'avoir le même programme d’entraînement que son voisin ne serait pas pertinent. Les personnes moins douées génétiquement auront probablement plus intérêt à avoir un programme qui leur est personnalisé, si elles veulent des résultats.

  

2 - La perte de gras

  

La perte de gras

La perte de gras est elle aussi, liée à la génétique. La génétique va surtout impacter 2 choses :

  • La maintenance calorique
  • Et l’utilisation des nutriments.

 

- Une étude, assez significative de 1990 nous montre que, encore une fois, nous ne sommes pas égaux

Cette étude à créer un surplus calories sur des personnes de +1000 calories par jour pendant 100 jours. 

Il en résulte qu’une grosse différence, puisque certains, n’ont gagné « que » un peu plus de 4 kg, et certains ont gagné près de 13 kg.

  • Le « plus doué génétiquement » n’a même pas vu d’augmentation de sa masse viscérale au niveau de l’abdomen.
  • Le « moins doué génétiquement » a vu une augmentation de sa masse grasse viscérale au niveau de l’abdomen de près de 200%.

Les scientifiques tendent à dire que la perte de gras serait dû à la génétique pour environ 40%.

On peut donc conclure que la perte de gras est plus contrôlable que le gain de muscle si l’on s’y tient aux données scientifiques puisque la perte de gras serait liée à 40% à la génétique contre 50 à 80% pour la prise de muscle.

  

Localisation de la perte de masse grasse

Pour ce qui est d’où seront stockés vos graisses, là aussi, la génétique y est pour quelques choses. En effet, la science a montré que certains gènes seraient responsables de la localisation du stockage des graisses. On parle de 22 à 61% d’héritabilité. 

Après, il n’y a pas que la génétique qui va déterminer tout cela, mais aussi beaucoup le sexe de la personne. On sait que les hommes auront plus tendance à stocker au niveau de l’abdomen, des poignées d’amour, de la ceinture scapulaire alors que les femmes vont davantage stocker au niveau des hanches.

Il existe donc de nombreuses différences entre les individus en eux-mêmes et nous sommes amenés à l’observer lorsque l’on cherche à se comparer ! Certains stockeront au niveau des abdominaux, d’autres des cuisses etc.. C’est pour cela qu’estimer un taux de masse grasse avec les abdominaux en point de repère n’est que très peu intéressant.

 

Peut-on optimiser sa perte de gras en fonction de sa génétique ?

 - Une étude de 1999 "«  High-fat » and « low fat » (behavourial) phenotypes : Biology or environment ? "

Montre que certaines personnes sont génétiquement disposées à perdre plus de gras avec une diète haute en lipides (et faible en glucides) contrairement à d’autres, qui auraient plus de facilité à perte du gras avec une diète haute en glucides(et faible en lipides).

Cela s’expliquerait principalement par la sensibilité à l’insuline de chacun, qui elle-même est liée :

  • À l’alimentation
  • Au sport
  • À la composition corporelle
  • Et à la génétique, bien sûr.

 

On peut donc voir que là aussi, l’alimentation doit être personnalisée. Ce qu’il ne change pas, et qui reste pareil pour tout le monde, c’est que pour perdre du gras, vous devez être en déficit calorique.

Plusieurs études s’accordent à dire qu’à total calorique et en protéines égales, la répartition en glucides et en lipides n’aurait que très peu d’importance, SAUF, si vous êtes génétiquement prédisposé à perdre plus de gras avec plus de lipides ou perte du gras avec plus de glucides comme on vient de le voir.

  

3 - Conclusion

   

1 - Ne vous comparez pas aux autres, comme vous avez pu le voir, c’est totalement inutile, et à part vous décourager, cela ne vous fera pas plus avancer. Ce que je vous conseille c’est de vous comparer à vous-même. Observez là où vous avez commencé et là où vous en êtes aujourd’hui.

2 - Utilisez cet article pour faire des tests sur vous. Tester est une des choses les plus importantes pour apprendre comment vous fonctionnez afin optimisez votre entraînement et votre nutrition.

  • Testez différentes méthodes d’entraînement et techniques d’intensifications.
  • Testez différentes répartitions en macronutriments.

3 - Ne pas trouver l’excuse de votre génétique pour justifier le fait que vous ne vous donnez pas à 100%. Quoi qu’il en soit, le but est de devenir la meilleure version de vous-même.

4 - Choisissez les bons parents, c’est probablement le meilleur conseil de cet article !

  

 

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